Affichage des articles dont le libellé est Musique autochtone et traditionnelle. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Musique autochtone et traditionnelle. Afficher tous les articles

28 septembre 2009

Armelita

La première fois que je l'ai entendue, c'était lors d'un concert dans une salle parisienne. Je me situais sur un côté de la salle et ne voyais pas la personne qui chantait avec cette voix caractéristique des femmes de la région de Norte Potosi en Bolivie. J'étais donc persuadée que la chanteuse était bolivienne... jusqu'à ce que je rencontre Armelle!
Depuis toujours, Armelle est passionnée par les voix, toutes les voix, dans leur plus grande diversité. Et sa grande amplitude vocale lui a permis de s'approprier des mélodies variées, géographiquement et musicalement. Et puis, dans sa recherche humaine et par goût de la découverte, Armelle a rencontré la Bolivie:
"J'ai toujours aimé essayer les voix les plus diverses et j'ai recherché dans les registres les plus originaux (depuis les chants des pygmées en passant par les chants japonais, ou navajos). J'ai exploré aussi loin que possible et je me suis trouvée dans les chants des femmes de Norte Potosi."
En 1988, Armelle fait la connaissance du Grupo Sagarnaga. Pendant les premières années elle joue de la quena, puis on remarque très vite sa ressemblance vocale avec la chanteuse bolivienne Martita Leon. Depuis, Armelle est l'atout vocal du groupe, un peu sa signature.
Voici un extrait de son talent avec le morceau "Agustinita", de la région de Llallagua, Norte Potosi, sur un rythme de tonada:

Agustinita - Grupo Sagarnaga

31 juillet 2009

Autochtone? Traditionnelle? Folklorique?

Plusieurs dénominations, une certaine confusion entre les différents termes, un peu d'aide pour s'en sortir! -avec la contribution de musiciens boliviens pour préciser chaque notion-.

La musique autochtone:

c'est celle qui se joue dans les communautés, héritière des peuples andins et d'une tradition millénaire, avec des instruments datant des temps précolombiens. C'est par exemple les khantus, tarkeadas, italaques, sikureadas, chaque rythme correspondant à un instrument, parfois à une danse, souvent à un moment précis du calendrier agricole. La musique autochtone est avant tout rituelle -citons par exemple les jula julas qui précèdent le tinku-.

Sikuri de Italaque - Bolivia Manta

La musique traditionnelle:
se joue aussi dans les campagnes, est traditionnelle de par sa correspondance avec des danses, mais intègre déjà des instruments européens ou influencés par ceux apportés par les espagnols -c'est le cas du charango, descendant de la vihuela coloniale, mais qui est un instrument traditionnel par excellence puisqu'il est profondément bolivien, de par sa fabrication -il est né de la carapace du quirquincho, le tatou- ainsi que son origine -Norte Potosi-. Le tinku ou le huayño sont donc des rythmes traditionnels.


Chicharron Montera - Norte Potosi



La musique folklorique:
urbaine, moderne, elle est jouée par des groupes et évolue au fil du temps tout en gardant ses caractéristiques propres: rythmes -morenadas, caporales, diabladas...-, instruments -guitare, charango, quena, zampoña, auxquels viennent s'ajouter des basses, batterie...-. Los K'jarkas ou los Tupay par exemple jouent de la musique folklorique.


Soy Caporal - Tupay



Petite illustration. La fête de Urkupiña à Cochabamba, Bolivie. A l'origine, le Cerro de Cota était un lieu de pélerinage ancien; puis on vient aussi y honorer la Vierge qui y serait apparue. La fête commençait par une "entrada autoctona", une sorte de défilé de musiques des communautés à travers la ville de Quillacollo.



Par la suite, la "entrada autoctona" fut substituée par une "entrada folklorica", une série de morenadas, caporales, diabladas, tobas en costumes multicolores et accompagnées de bandas (les fanfares). Aujourd'hui, la fête de Urkupiña le 15 août s'ouvre par les deux "entradas", l'autochtone puis la folklorique.


Musiques autochtone, traditionnelle et folklorique ont à part égale leur place dans le répertoire du Grupo Sagarnaga.

(Photos:émilie)

24 juillet 2009

Le tinku

Nous sommes dans la province de Macha, Norte Potosi, en Bolivie. Deux communautés sont face à face pour le tinku. Les hommes arrivent en groupe vers le centre du village où va se dérouler le combat rituel. Ils portent des chapeaux durs et leurs mains sont équipées de griffes. Ils s'avancent vers la place au son des jula julas - de grandes flûtes de roseau- qui vont stimuler les guerriers pendant toute la durée du combat.
Jula Julas - Arawi
La communauté qui sortira vainqueur au terme de l'affrontement dominera l'autre au nom de la loi du plus fort, et le sang versé fertilisera la Terre Mère, la Pachamama. Dans ce rituel ancestral dont l'origine remonte aux temps précolombiens, l'alcool -souvent la chicha, un alcool de maïs fermenté- joue un rôle très important en ce qu'il stimule les hommes dans le combat et est aussi indissociable de la fête.

Voyez cette video de You Tube qui nous montre un tinku dans le village de Pocoata, Norte Potosi, et dans laquelle on entend très distinctement le son des jula julas.





Aujourd'hui le tinku est surtout un rythme musical, une danse que l'on peut voir dans tous les carnavals et les fêtes folkloriques. Cependant, pour ne pas perdre le fil de la tradition et afin d'en véhiculer tout le sens, le Grupo Sagarnaga a décidé depuis quelques temps de jouer lors des concerts des jula julas avant le tinku. Nous souhaitons ainsi donner au public l'explication de l'origine de ce rythme et par la même occasion lui faire rencontrer plus précisément les traditions andines.

Les tinkus à la fête de Urkupiña à Quillacollo - Cochabamba, Bolivie

(Photo:emilie)