
La danse des Waka Tokoris - Urkupiña 2007Mais même si avec l’exploitation des troupeaux les aymaras semblent avoir trouvé un bénéfice à l’arrivée des espagnols, deux univers s’opposent cependant. D’une part, le monde rural andin, représenté par ses bergères ou « pastoras » et les « kusillos », sorte de bouffons sautillants qui, à l’image du renard à l’affût d’une proie, poursuivent les jeunes filles de leurs avances entreprenantes. D’autres part, les personnages du torero et de l’espagnole, tous deux amplement satirisés et ridiculisés par leurs costumes et leurs attitudes empruntées, représentent toute une partie de la culture des envahisseurs que les autochtones ont toujours rejetée. Notons que dans les fêtes autochtones rurales aujourd’hui, ces deux derniers personnages sont souvent absents.
Encore une fois, la danse hautement symbolique des Waka Tokoris nous démontre que, malgré la violence de la conquête espagnole et leur apparente soumission, les indigènes ont souvent su tirer partie de la situation pour la tourner à leur avantage, et ainsi faire perdurer leur culture à travers les siècles. La danse du Waka Tokoris, joyau du carnaval de Oruro, est pourtant peu interprété par les groupes de musique des Andes en France.
Un nouveau défi pour le Grupo Sagarnaga ?


